Oued

« Oued » ou « ouadi »[1] (emprunté à l’arabe وادي (wādī), signifiant « vallée, lit de rivière, rivière »)[2] est un terme générique qui désigne dans les régions au climat sec un lit de cours d'eau asséché mais potentiellement sujet à l'écoulement de cours d'eau intermittent lors de crues soudaines causées par de fortes précipitations pendant certaines saisons ou lors de tempêtes exceptionnelles[3],[4]. On utilise le terme de ouadi dans le monde arabe et d'arroyo en Amérique du Nord[3].
On trouve des oueds dans les régions désertiques ou semi-arides. Les cours d'eau intermitents qui apparaissent dans les des oueds ont une forte capacité d'érosion et de dépôt de sédiments (jusqu'à 2 mètres en 60 ans)[3]. Les oueds peuvent donc adopter des formes de relief très différentes tel que de simples ravins, de larges vallées ou encore de profonds canyons[4]. A l'inverse, le relief est peu marqué en aval, permettant aux cours d'eau éphémères de devenir peu profonds et d'être facilement absorbés par le sol sec. Une autre caractéristique des oueds est leur propension à générer des coulées de boue. En effet, les cours d'eau se chargent plus aisément en sédiments lorsque le terrain est sec et le manque de végétation enlève au sol son pouvoir absorbant[3].
Un oued inversé est un type de relief formé lorsque les sédiments charriés par les cours d'eau éphémères du oued se stabilisent au cours du temps et persistent tandis que les versant du oued s'affaissent jusqu'à disparaître. L’ancien lit du oued forme alors une crête qui surplombe le terrain des anciens versants[4].
À plus petite échelle, il existe des oueds dans les régions méditerranéennes du Sud de la France connus sous le nom de « rivière cévenole » ou en Espagne de « ramblas ».
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le mot « oued » vient de l'arabe وادي wadi. En espagnol, il devient guad, et fait partie de plusieurs noms de cours d'eau tels que Guadiana, Guadalquivir, Guadalhorce ou Guadarrama.
En arabe, on l'appelle وادي wādī ou نهر (nahr), en araméen ܢܗܪܐ (nahrā’) et en hébreu נהר (nahar).
En amazigh, l'oued est appelé asif ou ighzer.
En copte, on retrouve en fonction des dialectes les termes ⲉⲓⲟⲟⲣ (eioor), ⲫⲓⲁⲣⲟ (piaro en sahidique, phiaro en bohaïrique), ⲉⲓⲉⲣⲟ (eiero), ⲓⲁⲣⲟ (iaro), ⲓⲉⲣⲟ (iero), ⲓⲉⲣⲁ (iera) ou ⲓⲟⲣ (ior), termes tous dérivés de l'égyptien ancien.
En égyptien ancien, le terme utilisé était ar (hiéroglyphes : 𓇋𓂋𓈗), iar, iaur-t, iteru, atur, atr ou atru.
Les oueds des vallées du Tibesti sont appelés enneris.
Hydrologie
[modifier | modifier le code]Galerie
[modifier | modifier le code]- La vallée des Rois en Égypte.
- Oued à Ammi Moussa en Algérie.
- Oued en crue en Algérie dans la région de Batna.
- Saguia el Hamra près de Laâyoune au Sahara occidental.
- Oued Jib, affluent du Oued Shah, depuis sa confluence avec le Ouadi Arus. Émirats arabes unis.
- Vallée de l'oued Mellah, Maroc, lit majeur, en amont du barrage (région de Casablanca).
- Wadi de Nahal Paran rivière éphémère dans le Désert du Neguev (Israël).
- Oued Naqab - Koub canyon area. Ras el Khaïmah, Émirats arabes unis.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Informations lexicographiques et étymologiques de « ouadi » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
- ↑
ouadi - 1 2 3 4 (en) « arroyo », sur Encyclopædia Britannica
- 1 2 3 (en) « Summary: Drainage Courses, Wadis », sur US Army Geospatial Center
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993 (ISBN 2-11-003036-4), article « Oued », p. 361.