28 ans plus tard : Le Temple des Morts - Critique

Déjà une des excellentes surprises de l’année/

Un an après le retour fracassant de la saga 28, avec 28 ans plus tard, la licence s’offre un nouvel épisode, baptisé 28 ans plus tard : Le Temple des Morts. Il s’agit du deuxième opus de la trilogie écrite par Alex Garland, suite directe du film sorti en 2025 et cette fois réalisée non pas par Danny Boyle mais Nia DaCosta.

Puisqu’il s’agit d’une suite, Le Temple des Morts s’installe dans la continuité des événements de 28 ans plus tard. On retrouve donc trois personnages introduits dans le film précédent : le jeune Spike (Alfie Williams), enrôlé dans la bande malsaine de Jimmy Cristal (Jack O’Connell), lui-même présenté au début du film, en étant le seul survivant d’une tuerie zombiesque de masse et le Dr Kelson (Ralph Fiennes), que Spike a longtemps recherché pour tenter de sauver sa mère, gravement malade. Du coup, on l’aura compris, pas de bond dans le temps cette fois ni de focus précis sur l’évolution de l’infection comme la saga 28 nous avait habitué jusque-là.

Alors que 28 ans plus tard posait tout de même un contexte sur la situation de l’épidémie et la façon avec laquelle l’humanité s’est adaptée, le Temple des Morts s’intéresse aux personnages, à leur motivation et nous plonge encore plus dans l’horreur. La campagne de communication autour du film n’a pas menti : dans le long-métrage que signe Nia DaCosta - et qui n’a pas été réalisé à l’Iphone cette fois - les zombies ne sont plus la pire menace pour l’homme mais l’homme lui-même. D’ailleurs, si 28 ans plus tard et les deux volets précédents (28 jours et 28 semaines) ne lésinaient pas sur les attaques et les hordes de zombies, les infectés sont finalement ici très peu présents. Mais pas totalement absents non plus pour autant.

Le film suit deux intrigues en parallèle et donc deux arcs narratifs principaux : d’un côté, celui du Dr Kelson, de nouveau esseulé et qui va nouer une relation aux allures malsaines (un mot qui va revenir souvent dans cet article) avec un zombie alpha, déjà aperçu dans 28 ans plus tard, et de l’autre Spike qui se retrouve totalement embrigadé dans une secte sataniste, malsaine (nous y voilà) et totalement dépassé par les événements, certainement encore marqué et désorienté par le décès de sa mère. Ces deux histoires vont finir par se rejoindre, non sans prendre leur temps, histoire d’offrir aux différents protagonistes le traitement qu’il mérite.

Science vs religion

Ralph Fiennes est toujours aussi juste et convaincant dans son rôle de docteur désabusé, désincarné, la peau entièrement iodée et en attente d’une lueur d’espoir et/ou de sa fin, ce que le film finit par lui offrir d’ailleurs. En droguant Samson, le prénom qu’il donnera au zombie alpha en raison de sa chevelure et de sa corpulence, le Dr Kelson va finalement trouver un remède à sa solitude. Hier outil de protection face à l’ennemi, la drogue va lui permettre d’entrer en contact avec ce zombie et même d’envisager de le soigner.

C’est là, à nos yeux, la principale réussite de ce film, qui tranche avec les habituelles productions de zombies : un espoir, un après et une solution sont possibles, sans que cela paraisse farfelu, illogique. Le salut est même médical et scientifique, tant et si bien que le véritable héros du film n’est finalement que Samson, dont l’évolution est un fil rouge important, pour le film et certainement on l’imagine pour le prochain.

L’horreur n’est pas seulement visuelle, elle est aussi sadique et on ne sort pas tout à fait indemne de son visionnage

La science d’un côté, le fanatisme de l’autre. Alors qu’un être veut tenter de sauver ce qui reste de l’humanité, en commençant par soigner les infectés et donc l’infection, un autre, bouleversé par son père, qui était prêt à l’offrir en déjeuner aux zombies, a choisi de se réfugier dans le satanisme. Persuadé d’être le fils du Malin, Jimmy Cristal entraîne sur son sillage une bande de jeunes paumés, dont Spike et les oblige, au nom d’une cause réclamant le sang, de tuer et torturer tout ce qui bouge.

Verdict

Si l’arc du Dr Kelson peut faire rire, sourire et frôle parfois une certaine malsainité (il faut voir le film pour comprendre), celui de Jimmy Cristal est probablement le plus compliqué à regarder. L’horreur qu’il diffuse n’est pas seulement visuelle, elle est aussi sadique et on ne sort pas tout à fait indemne de son visionnage. Mais le Temple des Morts réussit son office. Il nous offre une avancée significative au niveau de l’histoire, ainsi qu’un face-à-face incroyable entre Ralph Fiennes et Jack O’Connell, déjà bluffant de méchanceté de Sinners. Il s’offre aussi et surtout une jonction parfaite avec le prochain et dernier film de la trilogie 28 ans plus tard avec, - eh oui ! - Cillian Murphy de retour aux affaires et se présente surtout, à ce jour, probablement comme le meilleur opus de la saga 28.

Dans cet article

28 ans plus tard : Le Temple des Morts est déjà une des excellentes surprises de l’année

8
Très bon
Retour réussi pour la trilogie 28 ans plus tard, avec une suite plus narrative que le premier volet. Les personnages prennent de l’épaisseur, l’intrigue aussi. Visuellement, le film est remarquable et le long-métrage de Nia DaCosta sait jouer avec nos nerfs et nos émotions, fort d’événements dérangeants, malaisants et bouleversants. Vivement la suite.
28 ans plus tard : Le Temple des Morts
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